Après une série de billets repris du projet doppelganger sur l'identité numérique, voici quelques articles sur le travail collaboratif en entreprise, à la mode 2.0, i.e. à l'aide d'outils popularisés par le web 2.0 : blogs, wikis et leurs avatars.
Ce billet inaugure donc cette série, et se penche brièvement sur les freins qui peuvent constituer un obstacle à l'utilisation d'outils collaboratifs innovants dans l'entreprise.
Ces réticences que l'on peut observer sont de plusieurs ordres : certaines sont d'ordre général et tiennent à une habituelle résistance au changement, et d'autres sont très spécifiques aux pratiques du web 2.0 .
De la résistance au changement
Sous ce terme, on rangera tous les arguments dont l'essence repose sur la remise en question de la valeur apportée par les nouveaux outils et les nouvelles pratiques . Cette remise en question peut avoir pour dessein de préserver un statu quo auquel on s'est habitué.
Cette résistance pourra s'exprimer sous différentes formes : "encore un nouvel outil ?" " un wiki pour quoi faire ?" "les flux RSS ? mais on a déjà le mail" .
On peut également observer une résistance des équipes informatiques : ces nouveaux outils collaboratifs peuvent embarquer des technologies non maîtrisées par les administrateurs informatiques qui ne souhaitent pas alors les prendre en charge. Cela peut être le cas par exemple d'outils écrits en php alors que vous êtes dans une "java house".
De la valeur des collaborateurs
Une autre difficulté peut provenir d'une opinion ( souvent non dite ) selon laquelle la vraie valeur de l'entreprise repose sur le top management, et non pas sur les "simples" collaborateurs, dont on fera alors peu de cas - du moins quant à leur capacité à apporter des idées innovantes via la collaboration. On ne voit pas alors l'intérêt d'introduire des outils collaboratifs de masse, qui seront essentiellement ressentis comme chronophages.
De la transparence
La collaboration implique une certaine transparence. Si la rétention d'information et le travail en silos sont fortement ancrés dans les habitudes, voire s'ils peuvent constituer un avantage compétitif, l'intérêt d'outils collaboratifs sera moins évident.
Du contrôle
Prenons l'exemple du wiki : le mode de contribution est simple : éditer, sauver, c'est publié. Autrement dit pas de workflow de validation, en particulier pas d'approbation de la hiérarchie. Cela peut mettre certains mal à l'aise. Cette perte de contrôle sur la publication de contenu sur un intranet par exemple, soulève plusieurs questions, parmi lesquelles :
- comment savoir que le texte en ligne est valide ?
- si mon subordonné contribue et démontre une expertise, plus grande que la mienne, vais-je perdre une partie de mon autorité ?
- faut-il modérer les commentaires ?
- qui peut blogguer dans l'entreprise ?
- qui est légitime pour le faire ?
- si j'ouvre les vannes, ne va-t-on pas assister à des débordements ?
ROI vs FUD
Si quantifier les gains apportés par les outils collaboratifs est difficile, les craintes soulevées sont elles très parlantes.
Autant de raisons donc pour que le chemin vers les nouvelles collaborations soit semé d'embûches.
Ces obstacles on l'a vu sont avant tout culturels : valeur perçue des collaborateurs, confiance qui leur est accordée, redéfinition des piliers de l'autorité hiérarchique, qualification de l'information mise à disposition de tous, etc.
A suivre.












